Kirili in Dialogue with

William Parker

William Parker, Vision Festival, 1998

(Photo © Ariane Lopez-Huici )

“ Le free jazz, c'est aussi une nouvelle génération d'artistes: Anthony Braxton, David Murray, Pat Metheny, Marilyn Crispell, William Parker, Charles Gayle, Dave Bolland, John Zorn, qui assurent la vitalité du jazz avec les pionniers du mouvement free. Ils sont les partenaires de ma géné­ration pour la création du XXe siècle. Le trio Rashied Ali, Charles Gayle et William Parker est une éton­nante réussite. William Parker, il a eu l'extraordinaire expérience d'être le contrebassiste de Cecil Taylor pendant de nombreuses années. 

Alain Kirili, New York, 1996

extrait de Mon abstraction Free Jazz, 

publiée dans Sculpture et Jazz – Autoportrait, par Alain Kirili, aux éditions Stock, 1996

William Parker_David S Ware and Matthew Shipp

with the sculptures of Alain Kirili, at the Vision Festival, 1997

( photos © Ariane Lopez-Huici )

La musique n’est pas mieux que la poésie.
La peinture n’est pas mieux que la sculpture.
La danse n’est pas mieux que la musique.


Toutes ces disciplines sont égales, parce que l’art est l’expression de l’être humain. Vous savez, tous les êtres humains sont égaux. Vous connaissez ce concept. Par conséquent c’est une ouverture pour une comprehension de la beauté pratique- ment partout et dans tous les arts. Bien sûr que l’on veut se concentrer sur la musique, ce qui n’empêche pas que l’on puisse aussi se concentrer sur l’interdisciplinarité des choses, se mettre en relation avec tous les autres arts.
Tu joues ici, tu joues là-bas.
Tu joues à un endroit et puis tu te déplaces jusqu’au moment où tu trouves une position préférée, et tu commences un duo avec des œuvres d’art !
Même si ça paraît fou, les œuvres disent « très bien », « c’est formidable », et toi tu apprécies ce genre de choses. C’est ainsi. C’est très subtil, c’est même magique... Si tu n’avais pas une sculpture à cet endroit, biensûr que j’aurai pu jouer de la musique, et si la sculpture n’avait pas de musique pour l’accompagner, bien-sûr qu’elle aurait toujours sa présence. Mais, quand tu es avec l’œuvre, plein de réactions subtiles surgissent. Ça me fait fortement réagir. Si c’est une grande sculpture, je peux ressentir : « déplace toi, elle est trop grande. »

William Parker, at the White Street Studio, 2005

( photo © Ariane Lopez-Huici)

Ta sculpture Commandement, est, si j’ose dire, hospitalière. Tu ne veux pas forcé- ment l’envahir. Si tu joues au milieu des éléments, les sculptures commencent à ressembler à des instruments et ta première réaction est alors de les percuter pour écouter quel son elles possèdent. Et quand tu l’entends, et bien cela te fait vibrer. Si je percute les sculptures à 6h00, elles sonneront différemment qu’à 7h00, parce quand les choses se réchauffent, la sonorité s’ouvre. La température d’une salle joue de même un rôle. Si les bordures d’une plaque de métal sont plus épaisses, le son devient plus dense. C’est comme un verre à vin, s’il est plus fin, le son est plus aigu. Je tiens compte de tout ça : c’est une question de physicalité. 

William Parker at the White Street Studio,

clockwise : with Miriam Parker (2005), with Kidd Jordan (2013), solo (2021)

( all photos © Ariane Lopez-Huici)

Et comment se déplacer dans cette situation ?
Parfois en dansant, en réaction à l’œuvre. Et les sculptures qui semblaient statiques commencent à bouger. Sans le faire en réalité. C’est une vérité. Tout semble bou- ger, et ceci, sans limite.
Nous sommes venus à ton atelier new-yorkais de White Street le 15 Novembre 2005 avec Patricia (Nicholson), et Myriam (Parker). Nous avions l’intention de faire une chorégraphie dirigée par Patricia. Quand nous sommes arrivés dans ton atelier, on a immédiatement vu ta sculpture Un coups de dés jamais n’abolira la sculpture. Je sais que Patricia voulait étudier les espaces entre les sculptures. Elle t’a même demandé si l’on pouvait les écarter légèrement. Elle m’a demandé de commencer à jouer à un endroit, puis de me déplacer entre les sculptures, et avec ton accord de jouer des percussions sur l’œuvre, et enfin de me placer à un endroit précis. Pendant que Myriam commençait à faire certains mouvements devant chaque sculpture. J’ai senti un dialogue s’établir dans cette nouvelle situation, grâce à la taille de ces verticales métalliques et à ces belles courbes qui vibrent si bien. Les couleurs ont aussi joué un role.
Tout a été étudié et improvisé pour la danse, la musique, et les sculptures.
Peu de gens s’approchent aussi près des sculptures. Pourtant c’est une façon et la seule de rentrer en dialogue avec elles. Elles semblent vous dire bonjour. Pouvoir les toucher libère une force de vibration, du fait que tu leur aies donné une forme, et que ce soit du métal et non du bois. Ce rapprochement permet de mieux apprécier leur présence, leur beauté et leur force. Et j’accepte leur beauté sans me poser de questions. Elles sont belles!”

William Parker

Extraits du dossier Alain Kirili - sculptures, jazz et improvisations ,

publié dans la revue Fusées, n°10, éd. Carte Blanche, 2006

AUTOUR DES COMMANDEMENTS D’ALAIN KIRILI

70 minutes de musique live

Catalogue du Musée de Grenoble, 1999

Music Album Autour des Commandements d’Alain Kirili

published in the Catalogue made by the Musée de Grenoble, 1999

with the participation of Joseph Jarman, William Parker, Daniel Carter, Leena Conquest, Roy Campbell Jr, Sabir Mateen, Thomas Buckner

Concert at White Street Studio

Daniel Carter, Joe McPhee and William Parker, New York, 2018

Alain Kirili, William Parker & Joe Morris, White Street Studio, 2013

William Parker with Joe Morris (2013) and with Hamid Drake ( 2014) at the White Street Studio, NY

( all photos © Ariane Lopez-Huici)

“ Les musiciens en se rapprochant des sculptures créent des vibrations différentes. Je suis très content que dans mes expositions Leena Conquest danse et chante au milieu de mes Commandements avec William Parker à la contrebasse, et Daniel Carter au saxophone et flûte. Et dans une autre soirée, le baryton Thomas Buckner, William Parker, et la danseuse Maria Mitchell vont ensemble créer une performance avec Commandement et la sculpture en aluminium King. 

Alain Kirili, New York, 1997

extrait de La sonorité de la sculpture, un entretien avec Charlotta Kotik,

publié dans le catalogue Alain Kirili Sculptures à la galerie Marlborough Chelsea,  New York, 1998.

Lifetime of Achievement

at the 2019 Vision Festival

“Visual artist Alain Kirili was honored for his Lifetime of Achievement at the 2019 Vision Festival, marking the occasion with a conversation with bassist William Parker.

Alain Kirili is known for both his sculptures and his decades long record of collaborating with legendary jazz musicians. He has held dozens of concerts at his Tribeca loft over the past twenty-five years, often featuring musicians performing in conversation with his artwork.” 

Arts for Art | Vision

"Jazz and Sculpture are created urgently. Extreme risk is the minimum condition of this creation, the absolute measure of the musician and sculptor.  Revival of verticality in my sculpture is linked to statuary, music and dance." - Alain Kirili