Kirili in Dialogue with

Charlie Parker “Bird”

American jazz saxophonist, band leader, and composer.

Charlie Parker Bird(Photo©William Gottlieb/ Redferns )

“Le jazz est une musique qui s’écoute et qui se regarde, c’est une expérience très rare pour le public d’assister à la transformation physique, à la kinésie, comment le corps répond au son lorsqu’on est si près de ces musiciens. Il suffit de regarder John Coltrane ou les quelques secondes de film que nous possédons de Charlie Parker. Le corps se transforme au moment d’une création, c’est un secret d’atelier chez les plasticiens. La mise en abyme du corps pour révéler une vérité est rarement évoquée.”

Alain Kirili 

extrait de La sculpture, fa presto , un entretien avec Patrick Ramade, publié dans le catalogue de l’exposition Kirili dialogue avec Carpeaux, Musée des Beaux-Arts de Valenciennes, 2002

Charlie Parker & Dizzy Gillespie - Hot House (1952)

In 1952 Charlie Parker & Dizzy Gillespie played this rare TV performance.

with Charlie Parker - alto sax Dizzy Gillespie - trumpet Dick Hyman - piano Sandy Block - bass Charlie Smith - drums

“La source du jazz vient de la musique française et de la musique des esclaves noirs. Cette musique était jouée à la Nouvelle Orléans dans le quartier chaud de Storyville.Soudain je fais le rapprochement qu'un des plus importants tableaux du MoMA de New York est Les demoiselles d'Avignon de Picasso, un bordel. Quelque part tout cela signifie que l'art et la sexualité sont très liés. A propos du jazz, je dois dire que son pouvoir d'improvisation, avec son rythme très physique, est essentiel pour moi. Je me rappelle l'anecdote à propos de Pollock qui pouvait rester allongé trois jours, trois nuits, écoutant du jazz, et surtout Charlie Parker, avant d'aller faire ses peintures.

Parlons de ma collaboration à la vidéo faite par Jean-Paul Fargier et avec le batteur Roy Haynes par exemple. Je voudrais tout de suite dire que c'est un acte très privé, qui nécessite beaucoup de concentration: c'est le contraire d'une "performance" (au sens de spectacle). Je voulais qu'on voit enfin que j'ai dû inventer une nouvelle kinésie, un corps nouveau pour exécuter mes modelés. Et que cela se passait très différemment de Rodin, Carpeaux, Giacometti ou de Kooning. J'aime le jazz parce que les musiciens inventent souvent un corps nouveau quand ils jouent.”

Alain Kirili

extrait de Open form sculpture, un entretien avec William Jeffett, 

publié dans le catalogue de l’exposition Alain Kirili Open form sculpture, Sainsbury Centre for Visual Arts, 1994.

Alain Kirili, Roy Haynes : Jam  Session

Documentary 12' , 1993 by Jean-Paul Fargier
Co-prod. DAP - Délégations aux Arts Plastiques

screen captures from the film Alain Kirili - Roy Haynes : a jam session, by Jean Paul Fargier, 1993

“ Pour moi, le pouvoir de transgression qui se produit chez les expressionnistes abstraits, leur sens héroïque de l’urgence, est absolument crucial. C’est leur sens de l’urgence qui m’importe, quelque chose qu’ils possèdent plus que quiconque d’autre à cette époque, à l’exception faite peut-être des joueurs de jazz. Il y a probablement, comme tu l’as mentionné, une connexion entre Charlie Parker et Jackson Pollock ; Ils partageaient ce même sens de l’urgence.”

Alain Kirili

extrait de Double portrait de l’artiste : une conversation avec Edmund White, Paris, 1993, publié dans  BOMB magazine, 1994

Jackson Pollock (Photo©Arnold Newman) , 1949 - Charlie Parker (Photo© William P. Gottlieb), 1947 - Jack Kerouac displaying a scroll of paper used for his book (unknown photo©) 1964.

Three artists, Jackson Pollock (1912-1956), Charlie Parker (1920-1955), and Jack Kerouac (1922-1969), play a central role in the emerging post war avant garde, each incorporating elements of spontaneity to their arts.

Je suis immoral quand je sculpte. Ma sculpture est désir et urgence. Albert Ayler, Charles Mingus, Charlie Parker _ l'improvisation jazzistique est phy­sique et assumée alors que récriture automatique surréaliste était liée à l'onirisme et à l'abandon. Le jazz est action directe dans et sur le réel. On rappelle parfois Action Jazz. L'Action Painting de Pollock est proche de l'Action parkérienne. Ma sculpture elle aussi se veut Action. De toutes les musiques, le jazz est celle qui inscrit avec le plus de puissance la création de sons dans le corps. Le jazz est physique. Il s'écoute mais doit aussi être vu. Dans les clubs, je veux être proche des musiciens, je les écoute de très près. Et dans mon atelier, la mémoire sensible du jazz se transforme en sculpture.” 

Alain Kirili

extrait de  Jazz, pulsion sculptée du XXe siècle, publié dans Sculpture et Jazz – Autoportrait, par Alain Kirili, aux éditions Stock, 1996

Alain Kirili, Charlie Parker 1, 1998

L’Alto break, Bird sculpteur

par Alain Kirili, Sculpture et Jazz, Autoportrait, éditions Stock, 1996

L'envol des solos et des phrases ponctuées de silence soulignent l'espace. Ma sculpture Solos découpe le vide. Morceaux de Charlie Parker avec leur durée. 

Bird of Paradise (3 minutes 11). 

Vertige des ascensions, lévitation, chutes brusques miraculées, verticalité des corps. Regardez Bird jouer.

Blue Bird (2 minutes 50).

Sauts violents de la ligne mélodique, zigzags rapides, envolées, musique chorégraphique.

Yardbird Suite (2 minutes 58).

Minutages des morceaux de musiques, minutages des temps d'exécution. 8 modelés parkériens en 16 minutes. Jam session avec Roy Haynes dans mon atelier de New York – Vidéo Fargier – Concert Charlie Parker avec Roy Haynes, Boston, le 24 décembre 1949: une naissance spirituelle – Moose the Mooche (5 minutes 05). I’ll Walk Alone (4 minutes 53) Ornithology (4 minutes 23) – Temps ultrarapide, polytonalité – Chorus de Kerouac pour Charlie Parker, Mexico City Blues - KoKo phrase désaxée – Bird ascète, résonance austère, étroite, percutante, souffle alto-laser – Découpe cinglante de l'espace – Vitesse du son – Musique noire – Alternance linéaire – Calligraphie inquiète – Giclées de notes – DrippingsCosmic Rays (3 minutes 05) – Cosmic Rays 2eme prise (3 minutes 17) – Now's the time (3 minutes 01)Bird live graffiti sur les murs de New York. Tableaux graffitis de Jean-Michel Basquiat Now's the Time

La matière musicale est claire, parfois parcimonieuse – Sculpture, tôle sonore, percutante – Métal blanc brûlé. Le vol de Bird protège et inspire. Personne ne se compare – Chalumeau, saxophone alto – Souffle et flammes – Pureté mélodique et expressions blues, Kansas City – Je défie la gravité, la tôle en suspension, finesse aiguë et précise, Paris est toujours là. Tout est crystal clear à New York! Émission du son de la sculpture – l'album The Charlie Parker Story : Koko première prise (37 secondes). Koko deuxième prise (2 minutes 54) – The Bird returns. Koko (2 minutes 32) – Tempo ultra-rapide, construction rythmique de la sculpture pensée et fulgurante. Avec mes assistants Andrew et Michael, tout est rodé dans une ancienne station d'essence devenue mon atelier à Canal Street. L'action de Parker force l'improvisation d'un champ de signes en 3 dimensions, sans ornementation. La radio est WKCR, 89.9 FM. Chrystel Egal, en urgence, filme un espace splendide, rythmé de détails sculptés, notes musicales de la future composition. Le film sera noir et blanc, comme une partition musicale. Je lis Kerouac pour Bird.

Hot House (9 minutes 17)

Les titres surgissent de ces lignes en incantation. Night in Tunisia/Famous alto break

(50 secondes). Les sculptures sont nommées – Solos, Tabernacle.

A la vue l'oiseau !

Bird, tu connais la fragilité. Il ne s'agit pas d'état d'âme, d'angoisse, de dégoût ou de nostalgie. Tu affirmes Now's the time avec ton quartette. Tu es à l'alto sax, Al Haig au piano, Percy Heath à la contre-basse et Max Roach à la batterie – 4 août 1953 – Un de tes plus célèbres blues qui date de tes premiers enregistrements en studio en leader pour les disques Savoy de 1945. Il y a, ce jour-là, ta superbe composition Confirmation. Enfin voici Chi-chi qu'on écoute d'affilée en quatre prises successives. La dernière est la plus rapide. Il faut ton génie pour maintenir l'attention dans cette répétition si brève qui introduit tant d'accents différents : 3 minutes 06, 2 minutes 42, 2 minutes 37, 3 minutes 03 – Répétitions et Différences !

Le rêve: quatre versions consécutives d'une musique parkérienne. Sonorité puissante et fulgurante mais toi le musicien, tu peux disparaître à chaque instant. Junkie, shooté, écrasé, battu. Fort et fragile. Riche et pauvre. Telle est ma sculpture. Je ne peux sortir de ces références depuis une quinzaine de mois. Riches de détails dans la surface, brûlures, griffes, rayures – La peinture recouvre à peine le métal qui devient une feuille de papier. Bird, ton souffle maintient ce château en péril, fugitif et affirmé dans sa minceur perçante. Ma main frappe, frôle, tape, tout se révèle dans la sonorité. Ma sculpture s'écoute. Bird, tu es sa vibration. Transsubstantiation parkérienne. L'improvisation est ce changement de substance miraculeux. L'Esprit traverse ta musique jusqu'au free jazz. Mes feuilles de métal flottantes, suspendues à peine soudées sont des sculptures, des incarnations du son. Le lien est affirmé, cerné, aigu comme peut l'être ton timbre. Alto break – Court-circuit dans les réseaux de mon système créatif. Le son est incarné dans ma sculpture. L'intensité concentrée – au mur, au sol, dans l'espace. Le son devient matière, une apparition. Now's the Time, condition de la résonance sculptée. Il faut le savoir ! C'est pourquoi j'en suis la avec toi. Le chalumeau et le saxophone découpent l'espace –

Retour du silence, du vide, rien à remplir. Surtout pas. La précarité est au sommet. C’est mon monument. Jeu de cache-cache avec tes messages en écriture inversée. Ils ne sont jamais à la même place. Il faut aller les chercher dans ta veste, ton sac, dans une poche de ton pantalon. Qui-vive permanent. Peut-être ce papier griffé n'arrivera-t-il jamais à son destinataire, c'est le risque. On verra. Je refuse de m'expliquer, ça vient par œuvre d'art interposée. Pas de mode d'emploi puisque je n'en sais rien de cette sacrée origine, déclic, naissance. Pourquoi moi ? Pourquoi cette sculpture toute ma vie ? Je longe aujourd'hui la rivière Hudson, beauté géologique. Quelle faille graphique ! C'est ton itinéraire puisque David Smith a rythmé en fer ses sculptures Song of a Landscape 1950 et Hudson River Landscape 1951. Au bout du voyage, je file à l'atelier marteler quelques tiges de fer encore plus minces pour tenir le vide. L'enclume est l'origine secrète de la musique et de la sculpture profonde. Je vais enregistrer mes martèlements dans l'instant bref de l'incandescence du fer rouge.

BILLIE'S BOUNCE

BILLIE'S BOUNCE

BILLIE'S BOUNCE

BILLIE'S BOUNCE

NOW'S THE TIME

NOW'S THE TIME

NOW'S THE TIME

КОКО

КОКО

КОКО

THRIVING ON A RIFF

THRIVING ON A RIFF

FAMOUS ALTO BREAK

screen captures from the film KIRILI by Chystel Egal, 1995

J'aime Bird sans connaître l'ornithologie. Je m'incarne dans l'alto break. Dans le film Kirili - réalisé par Chrystel Egal, en février 1995, à Canal Street, New York - je crée la sonorité d'un vol d'oiseau par les frôlements des pages d'un livre sur les feuilles de métal de mes sculptures Solos. Ma sculpture est abstraite et rythmique. Sans commencement ni fin. Je parle d'« abstraction autobiographique », puisque les formes sont soumises au rythme de mon existence. Je grave la matière par l'émotion.

Alain Kirili, New York, 1996

Jazz, pulsion sculptée du XXe siècle , from Sculpture et Jazz – Autoportrait, Alain Kirili, éditions Stock, 1996.

KIRILI

“Portrait-Fiction” sur le sculpteur Alain Kirili avec sa lecture Parkérienne de Jack Kerouac

Image noire et blanc, ambiance Jazz, l'origine du cinéma et de la sculpture. Le film et la sculpture taillent la lumière : ombres, relief, clair et obscur. J'aggrave ces dualités par le grain. Portée par mon émotion, je filme à la frontière du flou et de la netteté. L'image parfaite m'importe peu. Je privilégie mes sensations. Je vise sa réalité sans l'artifice de la couleur. Le film, les sculptures Solos, la lecture des chorus en français par Alain Kirili de Kerouac sur Charlie Parker, traduisent l'esprit Alto Break. Bref et condensé, ce portrait est bâti comme un morceau de Jazz. Il est le résultat d'une improvisation préméditée : Lecture du chorus sur Charlie Parker, tournage sur le vif dans l'atelier, une station d'essence désaffectée sur Canal Street. La langue française à New York. Alain Kirili est libre. Du grain, du contraste, une image Jazz, brute, effraction dans le puritanisme ambiant, rien dans l’esthétisme. Ce portrait s'ancre dans la lignée du cinéma de Dziga Vertov, Stan Brakhage, Man Ray et de l'esprit Beat - la création Jazzistique. Regard en urgence. La vie, l'art, New York, L'Alto Break est une éthique de vie.

“Fiction-Portrait” on the sculptor Alain Kirili with his Parkerian reading of Jack Kerouac

Image black and white, jazz atmosphere, the origin of cinema and sculpture. Film and sculpture cut the light : shadows, relief, clarity and darkness. I increase these dualities by the grain. Moved by my emotion, I film on the edge of clarity and blurring. The perfect image does not obsess me. I pay attention to my sensations. I try to reach their reality without the artifice of color. This film is the result of a premeditated improvisation : the sculptural reading of the chorus about Charlie Parker by Kirili, the tight shooting at his studio, a disused gas station on Canal Street. The french language in New York. Alain Kirili is free.

Chrystel Egal. 

KIRILI, 1995

Film by Chrystel Egal
Super 8 film - 5 minutes 56 sec
Voice : Alain Kirili  / Sound : Book percussions

Prod. Maison Européenne de la Photographie, Paris

Voici l'essentiel: le risque et la vitesse. Mais c'est dans la lenteur de la maturation que j'allège vite le poids de ma sculpture. Il faut de la préparation pour accéder à la vitesse, sinon attention aux consé­quences de la crispation du geste! Qu'est-ce que la vitesse? Haïku! Alto break! Martelage! Modelage abstrait! Rapidité, spontanéité précises qui per­mettent, comme le funambule de Jean Genet, de vivre l'art comme une crête entre la vie et la mort. Cette esthétique du Funambule est une des plus exactes pour dire le risque comme condition mini­mum de la création. Et ce livre de Jean Genet est écrit entre 1955 et 1957, en même temps que L'Ate­lier d'Alberto Giacometti. Charlie Parker et Bud Powell étaient sur le fil, pas loin.

Alain Kirili, New York, 1996

Jazz, pulsion sculptée du XXe siècle , from Sculpture et Jazz – Autoportrait, Alain Kirili, éditions Stock, 1996

Alain Kirili, Charlie Parker 2, 1998

Ma sculpture est abstraite et rythmique. Sans commencement ni fin. Je parle d'« abstraction autobiographique »,  puisque les formes sont sou­mises au rythme de mon existence. Je grave la matière par l'émotion. La musique de Charlie Parker, Eric Dolphy, Cecil Taylor, AlbertAyler, Ornette Coleman, John Coltrane, Steve Lacy et Charles Mingus s'inscrit dans ce même projet. Le free jazz est formes et matières déstructurées. Son caractère non figuratif est lié à une matu­rité émotionnelle. Le free jazz et ma sculpture se retrouvent dans le rythme abstrait de la pulsion et du battement de vie.

Alain Kirili, New York, 1996

Jazz, pulsion sculptée du XXe siècle , from Sculpture et Jazz – Autoportrait, Alain Kirili, éditions Stock, 1996

Hommage à Charlie Parker est une œuvre du sculpteur français Alain Kirili , créée en 2006, inaugurée le 26 juin 2007, installée au centre de la place Robert-Antelme, à l'intersection de l'avenue de France et de la rue des Grands-Moulins, dans le quartier de la Gare du 13e arrondissement de Paris, dans le cadre de l’opération d'aménagement Paris Rive Gauche.

L'œuvre prend la forme d'une installation de cinq blocs de pierre de Bourgogne rose, chacun mesurant 2,5 m de haut sur 1,4 m de long et 1,3 m2. Chaque bloc est composé de deux parties : une partie basse, en forme de pavé droit grossier, et une partie haute, taillée chacune d'une forme géométrique différente. L'ensemble est arrangé de façon circulaire. Des spots provenant du sol éclairent les blocs la nuit.

Alain Kirili, Hommage à Charlie Parker, 2007

Place Robert Anthelme, Paris 13eme

(photographies © Laurent Lecat)

Au moment de l’installation préparatoire de Commandement, à Claude Monet, dans le très beau site de la Roche sur Yon, trouvé par Didier Gazeau, j’ai eu le plaisir de visualiser l’oeuvre dans un contexte qui ne l’a pas absorbée, mais qui lui permet de dialoguer ultimement avec la nature, celle même qui anime l’oeuvre de Monet. Une démultiplication de signes, quand sa hauteur est minimum, a un impact visuel dans la verdure face à des arbres, un lac, et des habitations.

Cette expérience buccolique renforce mon désir de monumentalité, qui ne trouve toute sa noblesse qu’en existant dans un environnement non protégé, urbain ou naturel, c’est à dire en dehors du musée. Cette experience arrive justement au même moment où je réalise Hommage à Charlie Parker, une sculpture monumentale de 120 tonnes, installée en juin en pleine ville, espace Massena, dans le XIIIeme arrondissement de Paris. Quartier du XXIème siècle de la capitale !

Une exposition à l’Orangerie est évidemment un défi exceptionnel de la monumentalité, du à l’enjeu de l’architecture et de l’oeuvre de Claude Monet, qui se déploie deux fois à 360°. Chaque panneau est d’une dimension supérieure à l’amplitude du geste. Cette monumentalité m’a entraîné à créer dans ce Commandement en béton, la plus grande version jamais réalisée.

Entre mes deux sculptures, Hommage à Charlie Parker et Commandement, à Claude Monet, et les Nymphéas, se crée une continuité moderne et monumentale des notions de répétition et de différence qui me passionnent dans l’art.”

Alain Kirili , mars 2007, Paris - New York.

extrait de Commandement , à Claude Monet , Réflexions d’Alain Kirili,

au sujet de l’exposition Kirili et les Nymphéas, au Musée de l’Orangerie, 15 mai - 15 septembre 2007

Alain Kirili, Hommage à Charlie Parker, 2007

Place Robert Anthelme, Paris 13eme

(photographies © Laurent Lecat)

I deeply feel that public sculpture should be empathic to the viewer and I particularly love when the viewer can touch the work, which most of the time he or she cannot do in a museum. I like it when the viewer can interact, play, hide, or just walk cross the work. Like in my sculpture Hommage à Charlie Parker, a celebration of the rhythm of this great jazz musician.”

Alain Kirili

excerpt from Open forms, notes, New York 2014

Alain Kirili, Hommage à Charlie Parker, 2007

Place Robert Anthelme, Paris 13eme

(photographies © Laurent Lecat)

“Je donnerais beaucoup pour une lettre de Genet à Giacometti, comme celles qu’on a pu publier dans le catalogue de l’exposition « Genet » de Tours – à laquelle participa ton ami Edmund White, dont on lira plus loin l’entretien qu’il fit avec toi –, où Genet s’excuse de ne pouvoir encore lui soumettre son texte définitif, celui du Balcon, ou encore pour une lettre de Diderot à Falconet. L’échange entre l’écrivain et l’artiste, entre l’artiste et son critique, et son marchand, on en a maint exemples. L’échange entre deux artistes est au fond plus rare, comme si chacun avait peur qu’un terme lui échappe, vidant comme d’un souffle la réserve où il se tient. C’est pourquoi tes écrits sur d’autres artistes, cette adresse directe que tu proposes, sont rares et précieux : quand tu écris sur David Smith, tu parles à David Smith. C’est ta conception du « contemporain » comme actualisation qui te fait écrire dans un joyeux glissando de temporalités : « Je peux annoncer que j’ai eu cette après-midi une conversation avec Fragonard sur Charlie Parker, je les ai d’ailleurs présentés l’un à l’autre, et ils s’entendent très bien. » French touch of humor ? Non, simple constat : ils s’entendent bien, merci. Et d’ailleurs, grâce à toi, le nom de Charlie Parker sera donné à une place de Paris, près de la place Masséna (13e), où ta sculpture Hommage à Charlie Parker sera bientôt installée.” 

Thierry Dufrêne

Lettre à Alain Kirili, préface publiée dans Mémoires de sculpteur  , Alain Kirili,  Editions Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts, Paris 2007.

Concert de David Murray, Paris, 2007

dans la sculpture d’Alain Kirili, Hommage à Charlie Parker, 2007

Place Robert Anthelme, Paris 13eme

(photographies © Ariane Lopez-Huici)

“Combien de fois tu as insisté, plus que sur sa peau, sur la chair de la sculpture qui est le lieu du rythme qui suscite « la concordance des arts », cette fois unis pour déplier et déployer le chant! L’érotisme et l’inconscient te ramènent en lame de fond, au-delà de Tel Quel, vers les « larmes d’Eros » chères à Georges Bataille et vers le « witz », le trait d’esprit, le court-circuit qui se glisse dans le fa presto, la vitesse de la métamorphose qui, sous les traits de Parker, fait naître un oiseau (Bird), de Pollock un danseur indien, et de Kirili un faune qui s’allège dans l’« attaque directe », comme Sonny Rollins: «ma sculpture est portée – écris-tu– par la modernité de Freud, par celle d’une esthétique de l’excès qui a été formulée par Bataille, en littérature par Joyce».” 

Thierry Dufrêne

Lettre à Alain Kirili, préface publiée dans Mémoires de sculpteur  , Alain Kirili,  Editions Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts, Paris 2007.

Alain Kirili, Hommage à Charlie Parker, 2007

Place Robert Anthelme, Paris 13eme

(photographies © Marilia Destot, décembre 2009)