Kirili in Dialogue with
Roscoe Mitchell
American composer and saxophonist
Roscoe Mitchell , with King by Alain Kirili
Concert à L’Orangerie, 2007
(photo©Ariane Lopez-Huici)
“Je me suis consacré aux arts plastiques très jeune.
Mon oncle Arthur et mon oncle Charles, du côte de ma mère, étaient artistes. Oncle Arthur, qui sculptait le bois, me façonnait des jouets, tout comme pour mes sœurs. Oncle Charles, qui dessinait beaucoup au crayon et à l’encre, illustrait des histoires d’autres planètes où je figurais avec mes sœurs, nos amies et amis.
La sculpture lors d’une création, avec la musique, donne corps à l’environnement: elle devient la troisième composante, entièrement intégrée. La présence de ta sculpture, Élévation (pendant mon duo avec Thomas Buckner au Vision Festival de 2004) m’a inspiré pour dessiner ma phrase musicale. ”
Roscoe Mitchell
texte extrait du recueil Alain Kirili et le Jazz , publié dans la revue Fusées, Editions Carte Blanche , 2006
Roscoe Mitchell , 1995 - Thomas Buckner & RoscoeMitchell, Vision Festival, 1998
(photo©Ariane Lopez-Huici)
THE ITALIAN CONCERT
Borah Bergman & Roscoe Mitchell recorded the live album The Italian Concert in 1995,
and illustrated the album cover with the forged iron sculpture Commandment by Alain Kirili.
“ Cette musique est une communion. Il y a une véritable union entre la musique, la danse et ma sculpture. Ce qu'elle m'apporte? Je crois qu'elle me transmet des sensations auxquelles je tiens beaucoup, des rythmes, que je fais passer ensuite dans mon oeuvre. Parce que je crois que la création doit s'alimenter à la source des désirs et à la vie. La vie est une improvisation comme chacun sait, tout autant que cette musique et ma sculpture. Il y a toujours un échec quand on veut et quand on pense qu'on peut tout maîtriser. Il y a un certain bonheur au hasard, à la forme ouverte, au risque, à l'imprévisible, à l'improvisation, qu'éthiquement et esthétiquement j'aime maintenir dans mon oeuvre et avec ces artistes.
Le 21 juin pour la fête de la musique, il y aura un des tous plus grands et plus célèbres saxophonistes qui s'appelle Roscoe Mitchell, avec des danseurs, un baryton et un flûtiste. Le dialogue va être aussi visible pour le public et ce projet se passe d'ailleurs sur un fond d'héritage de la culture française qui est l'héritage du dialogue Debussy-Monet. ”
Alain Kirili
extrait d’un entretien avec Florelle Guillaume pour le magazine en ligne ArtContemporain.com, 2007
Pascal Loichet, Jérôme Bourdellon, Dalila Khatir, Alain Kirili, Roscoe Mitchell , Rue Herold, 2007
Roscoe Mitchell et sculpture Alliance, 1982 , Rue Herold, 2007
(photo©Ariane Lopez-Huici )
KIRILI ET LES NYMPHEAS
Exhibition at the Musée de l'Orangerie May-September 2007
“For this Hommage à Monet, I created a sculptural ensemble in consonance with the Les Nymphéas (Water Lilies) : a Commandment, to Claude Monet, in colored cement, an ensemble of intensified signs that echo the impact of the Les Nymphéas. For me, the musical dialogue that took place with the June 21st concert was a powerful evocation of post-Impressionism: Les Nymphéas, Soutine, my sculptures, and this music together became the incarnation of modernity.
The heritage of the dialogue between Debussy and Monet has been renewed in this manner. With a positively magical force, Thomas Buckner invents a dance, a new kinesis, a new relation to the body in the presence of my sculpture and Les Nymphéas. This is not a show or entertainment, but an invocation and communion, as we can see in the photographs of Ariane Lopez-Huici and the video of Jean-Paul Fargier.
Jérôme Bourdellon, Thomas Buckner, Roscoe Mitchell, Dalila Khatir, and my sculpture celebrate an aesthetic of improvisation and spontaneity that unites all of their talents, and all of these arts, all of these generations, in terms of a single imperative: to express the freedom of the unconscious. One conviction emerges as a message to the 21st Century: the modern tradition remains young and very much alive!”
Alain Kirili
New York, June 2008
Roscoe Mitchell
Concert à l’Orangerie, Exposition Kirili et Les Nymphéas 2008
(photo©Ariane Lopez-Huici )
Kirili Et Les Nympheas - Hommage to Claude Monet at the Musée de l’Orangerie
Directed by Jean-Paul Fargier - 2007
with
Jerome Bourdellon: flutes, bass clarinet
Thomas Buckner: baritone
Dalila Khatir: soprano
Roscoe Mitchell: alto & soprano saxophone
KIRILI ET LES NYMPHEAS
Hommage à Monet , Improvised music at the Musée de l'Orangerie
JEROME BOURDELLON flutes, bass clarinet THOMAS BUCKNER baritone
ALAIN KIRILI sculptures DALILA KHATIR soprano ROSCOE MITCHELL alto & soprano saxophones
(Photos: ©Laurent Lecat et Ariane Lopez-Huici )
“ Je veux revenir un peu , car c’est un enjeu important, sur l’art de l’improvisation.
Il faut bien se rendre compte qu’à un moment donné, il y a des improvisations extrêmement intellectualisées, qui peuvent l’être par des figures comme John Cage par exemple, mais il y a des improvisations très incarnées et qui nous sont évidemment transmis plutôt par les Africains et surtout les Afro-Américains.
C’est en fait ce que les Français ont tellement aimé d’ailleurs dès les années 70, avec l’Art Ensemble de Chicago et un de ces membres vient là en juin, Roscoe Mitchell.
Et c’est donc assez intéressant quand on désirera avancer un peu plus dans l’étude de l’improvisation, de comprendre qu’il y a des improvisations beaucoup plus liées au hasard, à l’aléatoire et d’autres qui sont extrêmement subjectives, et où on reconnaît à travers cette musique, toute l’histoire du personnage qui la joue. C’est-à-dire on reconnaît son histoire, on ressent sa blessure, on ressent comme disent souvent des musiciens, qu’est-ce que je joue en musique, eh bien je joue ce que je viens de manger, c'est à dire c’est vraiment les sensations, les émotions. Donc l’espace de l’improvisation est la mise en scène d’une subjectivité. Et c’est cet espace-là qui existe dans mon oeuvre et que je souhaite strictement inséparable de ces musiciens. ”
Alain Kirili
extrait d’un entretien avec Thierry Dufrêne, émission A Voix Nue, France Culture 2007.
Roscoe Mitchell & Tom Buckner, White Street Studio, New York, 2019
(photo© Ariane Lopez Huici)