Kirili in Dialogue with
Sunny Murray
American drummer
Sunny Murray, 1995
(Photo © Ariane Lopez Huici )
“"Open form" se réfère à une composition du son et à des éléments en trois dimensions qui peuvent trouver des combinaisons infinies.
C'est une situation vivante sans commencement ni fin qui garde bien le processus créatif ouvert. Il y aurait une belle conversation à ce sujet. Je réagis contre une nouvelle forme de répression qui est le monde de la virtualité dans son excès. C'est pourquoi je suis tellement impliqué dans une sélection de musique, de poésie et de sculpture. C'est une alternative que je voudrais voir survivre parce que c'est un projet qui fait partie de la dignité de l'être humain : en tant que sculpteur j' aime la tactilité contre la virtualité. J'aime le "prière de toucher". Et si vous touchez, cela veut dire que vous découvrez la sonorité du matériau : à chaque épaisseur de matériau correspond un son différent. Si vous touchez du bronze, du plâtre, un morceau de bois, la variété des tonalités est très grande et se révèle par la qualité des percussions.
Sunny Murray a fait des percussions sur mes sculptures.
Un saxophoniste, un clarinettiste par le souffle nous font découvrir les vibrations qu'ils développent sur les sculptures. Les musiciens en se rapprochant des sculptures créent des vibrations différentes. Je suis très content que dans mes expositions Lena Conquest danse et chante au milieu de mes Commandments avec William Parker à la contrebasse, et Daniel Carter au saxophone et flûte. Et dans une autre soirée, le baryton Thomas Buckner, William Parker, et la danseuse Maria Mitchell vont ensemble créer une performance avec Commandment et la sculpture en aluminium King.”
Alain Kirili, New York, 1997
extrait de La sonorité de la sculpture, entretien avec Charlotta Kotik,
publié dans le catalogue de l’exposition Alain Kirili Sculptures à la galerie Marlborough Chelsea, New York, 1998.
Sunny Murray, with the sculpture Alphabet City, 1994, Galerie Templon, 1999
( Video © Jean-Paul Fargier/ film Prière de Toucher, 2000 - Photo © Ariane Lopez-Huici )
“Kirili's boundless enthusiasm for this radical form of jazz underlines the challenge his collaborative activities present to the traditional conception of sculpture. In a very direct way, Kirili is seeking a new role for sculpture by putting his work into as many different situations as possible. At a time when so many artists seem to be searching for new arenas, Kirili has also stepped out of the confines of the art world. And yet, in a striking paradox, he has done so while keeping within some fairly conventional boundaries: forging, modeling and so forth. Only if one looks carefully can the formal impact of the jazz experiments be detected.
In the "Black Sound" series of sculptures (which are among the David Smith-influenced welded-steel works that Sunny Murray has used as percussion instruments) there are pianolike forms and volumes previously unused by the artist. It seems likely that the repeated sight of Cecil Taylor's piano among his sculptures has influenced these new forms.”
Raphael Rubinstein
excerpt from In Concert, published in Art America, december 1996
Sunny Murray, with the sculpture Black Sound, 1996
(Photo © Ariane Lopez-Huici )
“La gestuelle d'un artiste qui écrit d'une façon invraisemblable ou qui chorégraphie quelque chose, réinventant son corps complètement, fait partie d'un secret de l'artiste que l'on doit respecter. Sachons garder le secret des initiés.
Parmi les quelques films exceptionnels sur ce sujet, il y a le film sur Pollock, le film sur Thelonious Monk et puis un film qu'a fait Jean Rouch et qui s'appelle « Les Maîtres fous ». Jean Rouch a filmé des séances d'initiés en Afrique. C'est un groupe d'Africains qui va dans une banlieue au Ghana et ils exorcisent le colonialisme français en s'habillant en chef de gare, en colons, etc. Ils exorcisent le pouvoir oppresseur et sont dans un tel état de transe qu'ils finissent par baver. J'ai l'opportunité et la chance, dans le milieu afro-américain que je fréquente, de voir des musiciens entrer dans de tels états de transe. Par exemple Sunny Murray*. Quand il joue, on a l'impression que chacune de ses notes est à la vie à la mort. Et quand il joue il se met à baver. Je me dis alors que j'ai la chance d'être en présence d'un maître fou.”
*James Marcellus Arthur Sunny" Murray est un batteur de jazz né le 21 septembre 1936 à Idabel, Oklahoma, Etats-Unis. Sunny Murray fait partie de la vague de musiciens noirs américains partis en direction de la France à la fin des années 1960. Ces musiciens ont fait le choix de quitter une Amérique rétive pour gagner une Europe nettement plus ouverte a l'avant-garde. Son jeu de batterie a apporté une aide considérable au free jazz et très précieuse au niveau de la considération de l'instrument au sein de la formation. Considéré comme l’un des plus grands batteurs de jazz, sa technique novatrice et puissante a influencé et influence encore des générations de batteurs de jazz.
Alain Kirili
extrait de l’entretien avec Kristell Loquet, publié dans Lévitations, Catalogue d’exposition au Musée de Vannes, Editions Marcel Le Poney, 2014
Sunny Murray, with the sculpture Black Sound, 1996
(Photo © Ariane Lopez-Huici )
“ The same week Sculpture et Jazz (Alain Kirili’s book, editions Stock, 1996) was published, the opening of an exhibition of Kirili's recent sculptures at Daniel Templon Gallery was enlivened with a performance by drummer Sunny Murray and sax player Urs Leimgruber.
On June 21, an outdoor work by Kirili in the Tuilleries was the site of another performance. In a corner of the historic park near the Musée de l'Orangerie, where Kirili's Le grand commandement blanc (1986) was being rededicated after its restoration and reinstallation, Murray, accompanied this time by renowned saxophonist Archie Shepp, improvised amid the sculpture's blocky marble forms on low pedestals.
The demanding music played by musicians such as Murray, Shepp and Taylor is very different from the brand of jazz that has been promoted by the so-called jazz revival of recent years. In contrast to the accessible, be-bop-derived styles which musicians like Wynton Marsalis have helped popularize, Taylor, Murray and Shepp remain true to the tenets of "free jazz," a movement spawned in the 1960s which favors lengthy, free-form, often dissonant improvisation; not the stuff of the jazz brunch. ”
Raphael Rubinstein
excerpt from In Concert, published in Art America, december 1996
Sunny Murray, Archie Sheep and Alain Kirili
Inauguration of the installation of Grand Commandment Blanc (1985), Jardin des Tuileries / Musée de l’Orangerie, 1996
( Video © Jean-Paul Fargier/ film Prière de Toucher, 2000 - Photo © Ariane Lopez-Huici )
Le workshop,
collaboration d’artistes
Studio des Islettes
par Alain Kirili
publié dans Sculpture et Jazz, Autoportrait, éditions Stock, 1996
WORKSHOP - ALAIN KIRILI
Une conversation entre Archie Shepp
et Alain Kirili, 4 septembre 1996
avec Archie Shepp, Sunny Murray, Cecil Taylor, Steve Mc Craven,
Evan Parker, Urs Leimgruber, Ariane Lopez-Huici et Alain Kirili
photographies de Marie-Paule Nègre, Ivan Lavallée, Ariane Lopez-Huici
PUBLICATION RÉALISÉE PAR LE CENTRE D'ART CONTEMPORAIN DE CASTRES,
À L'OCCASION DE L'EXPOSITION WORKSHOP, ALAIN KIRILI DU 16 OCTOBRE AU 20 DECEMBRE 1996