Kirili in Dialogue with

Joelle Leandre

Joelle Leandre, bass, et Danier Carter, sax, White Street studio, 1999

(photo©Ariane Lopez-Huici)

Tes dessins ,"African Rhapsodies" sont magnifiques.

Je perçois leur sonorité, j'entends ton travail. Comme nous, tu fonctionnes avec le corps, le rapport au corps, et aux gestes directs. Ces “ratages”, ces " déchets" je dirai, ce hasard que tu improvises nous font rebondir là où on ne s'y attend pas, et c'est bien ! C'est de la vie, c'est du risque et de la jubilation! Tes oeuvres contiennent tout cela.

Dans cette sociéte bien pensante où tout brille, où tout se sait juste et ordonné, l'erreur, " la tâche", sont refusées. Je vois au mur de ton atelier cette série de dessins, bruts, directs où le geste est vif, violent et tendre à la fois. Moi aussi, j'ai souvent ce rapport là avec la contrebasse, ce corps à corps, parfois barbare et violent tel un combat, pour développer une puissance, afin “d’extirper” une matière sonore.

Toucher le son, arriver à matérialiser cette abstraction, c'est presque aberrant, car il n'y a rien de plus abstrait que le son. Mais je passe par cet outil immense, ma contrebasse, comme une sculpture d'ailleurs, et je coupe, je tranche, j'élague, je gratte, je frotte et frappe même le son.  Je comprends tellement les musiciens qui jouent avec toi, leur émotion née de ce moment d’improvisation unique, intense, que l'on ne retrouvera plus ailleurs.  Parfois cela touche à la transe, la pensée n'est plus là,  seul le pur " corps à corps" est en devenir : on se perd, sûrement, puis on revient, on redevient.

Que dire! Toutes ces rencontres me font grandir, ton travail me touche. Je l'entend, je le vois sonner devant mes yeux. Tes dernières sculptures Totem sont intemporelles, verticales , elles parlent de l'homme : l'homme qui marche. 

Il a fallu que j'aille vers d'autres langages, pour que dans ce chaos, " je ne parle que du son". La pluralité, la transversalité, c'est aller vers les autres, d'où mon amour pour la danse, la poésie et les arts plastiques. Toute cette contemporanéité, c’est les autres, c'est toi.

Joelle Leandre

Témoignages des acteurs des projets musique-sculpture d’Alain Kirili 

Alain Kirili - sculptures, jazz et improvisations , publié dans la revue Fusées, n°10, éd. Carte Blanche, 2006. 

Alain Kirili , African Rhapsody, 2005

(photo©Laurent Lecat)

Alain Kirili , African Rhapsody, 2005

(photo©Laurent Lecat)

Alain Kirili , African Rhapsody, 2005

(photo©Laurent Lecat)

Alain Kirili , Totems, 2005

installation at the Jardin des Tuileries, Palais Royal, Paris, France

(photo©Laurent Lecat)

Joelle Leandre with Improvisation, White street studio, 1997

(photo©Ariane Lopez Huici)

Francis Marmande, Joelle Leandre, Sunny Murray, White street studio, 1997

(photo©Ariane Lopez Huici)