Kirili in Dialogue with
Sidney Bechet
American jazz saxophonist, clarinetist, and composer
“ One of the major reasons I love to live in New York is because of the large presence of those saints, poets who are the improvisers of jazz. I say saints because their music is not about entertainment but spiritual experience. One of my first contacts in American art was Sidney Bechet, who came to play in the kitchen of my parents’ home when I was a child. He was very impressive for me, and gave me a sense that I wanted to go to America, especially to New York. ”
Alain Kirili
a conversation with with Robert C. Morgan, Brooklyn Rail, 2012
“ A cet instant, je me rappelle ce souvenir d'enfance. À minuit, invité à l'improviste par mes parents à la maison, Sidney Bechet joue dans la cuisine. Je me réveille, je ne l'oublierai jamais. C'est ma première rencontre avec le jazz. ”
Alain Kirili dans Jazz, pulsion sculptée du XXe siècle , New York, 1996
“ Le son de la sculpture
Dans le plus profond de mes secrets, se trouve sûrement la clarinette de Sydney Bechet qui est venu chez mes parents un soir pour dîner. Il a joué dans la cuisine et c’est mon premier souvenir d’allègement, d’allégresse, d’émotion esthétique.
C’est le premier que je puisse formuler et le son continue de guider et d’unifier mon rythme créatif. Je m’étonne d’être capable d’avoir fait appel à des artistes aussi différents que Steve Lacy, David S. Ware, Alvin Lucier, et Somie Satoh. Chacun correspond à la richesse de l’existence. La sensualité méditative de Somie Satoh fait écho à cet aspect de mes sculptures, et le rythme paroxistique de David S. Ware se lit dans nombre de mes modelés. Rien n’est éclectique mais mon instinct pour la variété et le renouvellement est la vérité qui conduit toutes ces interactions qui révèlent ces enjeux plutôt que d’être une simple convocation à un spectacle. En fait toute ma vie est dans cette lutte contre le spectacle et la distraction. Le divertissement étant une part entière de l’intelligence créative que j’assume avec bonheur. Si je n’écarte pas la douleur dans la création, elle vient ultimement pour renforcer l’approfondissement de la beauté et du plaisir créatif. Mais je ne m’imagine pas dans une activité ludique, ou rêveuse de l’art.
Je me rends compte d’être toujours dans une « attaque directe » physiquement et spirituellement. Des jours passent, des semaines aussi dans la préparation de cette charge émotive et incontournable qu’il faudra à un moment donné admettre dans une nécessité créative incontournable : l’urgence de l’art. ”
Alain Kirili, New York, 2004
Sidney Bechet by William Gottlieb, 1947