Kirili in Dialogue with
Leroy Jenkins
American composer and violinist/violist
Leroy Jenkins, White Street Session, 1997 , with Alain Kirili’s Celestial Alphabet
(photo©Ariane Lopez-Huici)
“Mon initiation aux arts plastiques remonte à 1969 à Paris, quand j’y ai débarqué de Chicago (où je n’avais jamais été voir d’expositions). J’ai donc eu la chance de visiter, entre autres, le Louvre et de voir pas mal de trésors célèbres. Je me raffinais au fur et à mesure sous l’égide de Beauford Delaney, avec qui je copinais.
La beauté dépouillée de Commandements, la sculpture d’Alain, me touche :
les lignes sont claires et vont droit à l’essentiel.
Avec Joseph (Jarman), Tom (Buckner), Alain et Maria (Mitchell), je suis allé à Bamako, Mopti et Sangha, au Mali, où nous avons pris part à deux performances avec des danseurs dogons. La beauté brutale du pays : le rouge, les nuages de poussière…
Alors que nous traversions de grands paysages, tout à coup, de nulle part, quelqu’un à bicyclette ou dans une charrette à deux roues tirée par un âne, ou encore à pied, des paniers sur la tête. Pour nous, le soleil, aussi violent qu’un haut fourneau ; pour les populations du désert, “une simple balade au parc, rafraîchissante”. Les gens, de jais, élancés, couverts de poussière, aux pieds résistants et battus. Les femmes, belles, sereines, dans leurs pagnes bariolés. Les enfants au ventre gonflé, cuivrés, débordants d’exubérance.
Le voyage de ma vie. ”
Leroy Jenkins
Extraits du dossier Alain Kirili - sculptures, jazz et improvisations , publié dans la revue Fusées, n°10, éd. Carte Blanche, 2006
Leroy Jenkins and Felicia Norton, at the White Street Loft , 2006
with Alain Kirili, Un coups dé jamais n’abolira la sculpture, 2006
(photos ©ALH & Marilia Destot)