Kirili in Dialogue with

Alexandre Chemetoff

Alain Kirili and the architect Alexandre Chemetoff (atelier rue Rodier, Paris)

working on the future installation of the sculpture Resistance in Grenoble

excerpt from the film AlainKirili, sculpteur de tous les éléments, by Sandra Paugam, 2008

Alain Kirili and the architect Alexandre Chemetoff (atelier rue Rodier, Paris)

working on the future installation of the sculpture Resistance in the re-designed Parc Paul Mistral in Grenoble,

excerpt from the film Alain Kirili, sculpteur de tous les éléments, by Sandra Paugam, 2008

“ Lorsque le projet de l’installation d’une sculpture monumentale s’est imposé, j’ai d’abord ressenti le besoin de comprendre ce qu’était véritablement le travail d’Alain Kirili et la manière dont il travaillait. Ce qui m’a beaucoup frappé, c’est l’aspect très physique de son engagement, avec sa façon de manipuler les matériaux, dans une ouvre qui est à la fois  abstraite et charnel ; l’idée, aussi, que les installations ou les mises en place de sculptures étaient liées d’autres arts : la musique, la danse. Cela trouvait  un écho avec des évènements qui ont accompagné l’inauguration du parc Mistral : un concert de piano, des jeux, un pique-nique… Cet endroit était aussi un endroit dédié a la vie. Ce lieu de création dans la ville introduit l’idée d’un rapport entre les lieux et leur valeur d’usage, c’et-a-dire que l’espace public est aussi un espace qui nous appartient et dans lequel on doit prendre la parole, prendre position. L’œuvre d’art d’Alain Kirili et la manière avec laquelle il prend possession de cet endroit inaugurent quelque chose qui doit se prolonger, qui n’est pas sans rapport avec la façon dont on imagine la transformation du centre-ville. ”

Alexandre Chemetoff

Extrait de l’entretien Autour de Résistance d’Alain Kirili, Catalogue : « Dessin de sculpteur, » Musée de Grenoble, 1999 

Résistance

Alain Kirili’s Monument in Grenoble

You propose an opposition between the inebriation of wine, which is tied to Résistance in a truly bodily manner, and the tea ceremony. In this light, I wonder whether your installation for Grenoble does not harbor a duality, or at least a tension, between your sculpture—which invites the spectator to relate to it directly, to walk around it—and the covered shelter created by Alexander Chémétoff, which, it seems to me, encourages a more contemplative relation, since one is supposed to sit and look at the sculpture.

How do you see the relation between Alexander Chémétoff’s covered shelter and your sculpture, and how do you want the spectator’s body to be mobilized and invested in your sculpture?

One has to understand that in this case we’re dealing with opposite of the usual situation, and I think this is one of the secrets of the success of the entire situated ensemble. In this case we haven’t installed a sculpture to fit an architecture; it’s the reverse. First there was my sculpture and my proposition to an architect-landscape artist to create a setting for this sculpture. It was a matter of constructing a privileged space for a work of art, in the manner of the chapel specially conceived so that Matisse would create something inside it; of the circular space so dear to Monet; or of the polygonal chapel intended for Rothko’s paintings. My sculpture is therefore not conceived as an outside element being added to an architectural structure after the fact, but as the take-off point for a collaboration with an immensely talented architect-landscape designer, of whom I think very highly, Alexandre Chémétoff. I asked him if he would be willing to work around a sculptural multiplication of signs like Résistance, and he was. And with extraordinary modesty, he decided, on the basis of suggestions I made to him, to erect a covered shelter, a small shelter that would lend itself to meditation. Not a Shinto or Zen meditation, but a meditation that I would characterize as frankly oriented to pleasure [jouissive], a meditation that is incarnate and not metaphysical. So yes, Alexandre’s installation does indeed invite us to contemplation, but to an incarnate contemplation, totally grounded in the body, which in turn calls for an exceptional state of physical contact with the sculpture.

This place and this ensemble function as “an abstract sculpted meditation” directly descended from the Brancusi at Târgu Jiu in Romania: his Endless Column is an abstract commemorative work situated in a space entirely conceived by the artist.”

Alain Kirili

Résistance: Alain Kirili’s Monument in Grenoble

excerpt from Alain Kirili in conversation with Ada Ackerman, Artcritical, 08/2011

Pour moi, la création est un acte de résistance

La monumentalité est d'emblée un geste politique puisqu'elle s'inscrit dans la cité. Je suis très sensible à l'engagement qu'a eu la Ville de Paris, et maintenant la Ville de Grenoble, qui ont souhaité la présence d'une sculpture abstraite au coeur du milieu urbain : ainsi, le dialogue s'engage avec un vaste public puisqu'il ne s'agit plus d'un lieu réservé tel qu'un musée. Pour moi, la monumentalité est un défi à la lourdeur : je ne la comprends que dans un rapport de légèreté. Pour Grenoble, le choix de la pierre a été déterminant. Celle-ci est de couleur miel-rose, rappelant la chair : voici une monumentalité qui ne défie pas le public, mais l'invite à toucher l'oeuvre, à sentir l'aspect chaleureux et incarné de cette abstraction.

Pour mes premiers ensembles minéraux, installés à Dijon, et plus tard sur les Champs-Elysées, j'ai remarqué qu'ils ne faisaient l'objet d'aucun vandalisme. Au contraire, le public aimait se photographier avec l'oeuvre, dans un jeu de cache-cache improvisé.

Pour le projet de Grenoble, réalisé en collaboration avec l'architecte Alexandre Chemetoff, la sculpture Alphabet sera encore plus grande. Pour sa réalisation, on réduira de moitié un parking pour faire place à cette sculpture, placée dans un espace de méditation dessiné par Chemetoff : les voitures disparaissent face à l'oeuvre d'art. La conception de cette sculpture garde mon goût fondamental pour l'improvisation et la rapidité, la spontanéité d'exécution - ce qui est un défi par rapport aux centaines de tonnes de l'oeuvre. C'est pourquoi l'empilement des pierres n'obéira à aucune esquisse préalable. La version finale de l'oeuvre se créera sur place, avec ce prolongement de ma main que sera la grue...”

Alain Kirili

Alain Kirili : "Pour moi, la création est un acte de résistance"

 excerpt from an interview by Josyane Savigneau, Le Monde, 09/2009

Inauguration de Résistance d’Alain Kirili au Parc Paul Mistral, dans l’architecture conçue par Alexandre Chemetoff, avec une chorégraphie de Jean-Claude Gallotta, Grenoble 2011 

(photo©Ariane Lopez-Huici)